Souffler (verbe)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Pousser l'air hors de la bouche. "Souffler dans ses doigts. Souffler sur une bougie pour l'éteindre. Souffler dans un instrument à vent pour en tirer un son."
Fig. et en termes de l'Écriture, "Dieu a soufflé sur cette race impie et en a fait sécher la racine," Il a détruit, exterminé cette race. On dit encore, dans le même langage : "Le Seigneur a soufflé sur l'amas de leurs richesses et l'a dissipé comme de la poussière."
SOUFFLER signifie aussi Reprendre haleine, respirer avec effort. "Laissez-moi
"Laisser
Fig. et fam., "N'oser
SOUFFLER se dit aussi de Tout ce qui pousse, agite l'air. "La bise souffle durement. Il souffle un vent frais. Ce soufflet est percé, il ne souffle plus."
Fig. et en termes de l'Écriture, "L'esprit souffle où il veut," Dieu communique ses grâces à qui il lui plaît. Cette phrase signifie, par extension, dans le langage courant : L'inspiration vient sans qu'on sache d'où, ni comment; le génie a ses voies qui n'appartiennent qu'à lui.
SOUFFLER s'emploie aussi comme verbe transitif et signifie Envoyer de l'air sur quelque chose, dans quelque chose. "Souffler le feu," Y envoyer de l'air pour l'activer.
"Souffler une bougie," Souffler sur la flamme d'une bougie pour l'éteindre.
"Souffler la poussière," Souffler sur de la poussière pour l'enlever du lieu où elle est.
"Souffler l'orgue," Envoyer de l'air dans les tuyaux d'un orgue par le moyen de la
"Souffler le verre, l'émail," Façonner quelque ouvrage de verre, d'émail, en soufflant dans un tube de fer à l'extrémité duquel est la matière que l'on travaille.
Fig., "Souffler la discorde, le feu de la discorde," et quelquefois simplement "Souffler le feu," Exciter à la discorde. On dit de même "Souffler la haine, la division, la révolte."
Fig., "Souffler le chaud et le froid," Louer et blâmer une même chose, parler pour et contre une personne, être tour à tour d'avis contraires.
Fig., "Souffler quelqu'un,
Au jeu de Dames, "Souffler un pion," L'ôter à celui contre qui l'on joue, parce qu'il ne s'en est pas servi pour prendre un autre pion qui était en prise. Un joueur dit dans le même sens à son adversaire : "Je vous souffle." Absolument, "Souffler n'est pas jouer."
Fig. et fam., "Souffler à quelqu'un un emploi, une affaire," Lui enlever un emploi auquel il prétendait, une affaire sur laquelle il comptait.
Fig., "Ne pas
En termes de Chasse, "Ce chien a soufflé le poil au lièvre," Il a presque appuyé le museau dessus, et il l'a manqué. On dit aussi "Il lui soufflait au poil," Il le suivait de très près.
SOUFFLER signifie aussi Grossir, enfler quelque chose en soufflant.
Le SOUFFLÉ s'emploie adjectivement. "Un discours soufflé," Un discours emphatique. "Une réputation soufflée," Une réputation exagérée. "Un succès soufflé," Un succès grossi artificiellement.
En termes de Cuisine, "Omelette soufflée," Omelette faite avec des blancs d'oeufs, de la crème et du sucre, mêlés et battus ensemble. "Beignet soufflé," Sorte de beignet dont la pâte se gonfle beaucoup.
SOUFFLÉ s'emploie aussi comme nom masculin, en termes de Cuisine, pour désigner une Crème, une purée, etc., qui se gonfle à la cuisson. "Un soufflé au fromage, au chocolat. Un soufflé de pommes de terre."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Pousser l'air d'une façon quelconque. Ce soufflet est percé, il ne souffle plus.
ROLLIN: « Annibal [à Cannes].... avait rangé ses troupes de sorte que le vent Vulturne, qui se lève dans un certain temps réglé, devait
Impersonnellement.
SAUSSURE: « Par un hasard assez singulier, il soufflait des vents opposés en Savoie et en Piémont »
Fig. Regarder de quel côté le vent souffle, observer les conjonctures.
D'ALEMB.: « Je ne sais de quel côté le vent va
Terme de l'Écriture. L'esprit souffle où il veut, Dieu communique ses grâces à qui il lui plaît.
2 Particulièrement. Faire du vent en poussant de l'air par la bouche. Souffler dans un instrument à vent.
SCARR.: « Trois fois en vain elle souffla Pour rendre vie à sa chandelle »
LA FONT.: « D'abord avec son haleine Il se réchauffe les doigts ; Puis sur le mets qu'on lui donne, Délicat, il souffle aussi »
BUFF.: « Le même soir où il [le chasseur] a juré, en soufflant dans ses doigts, de ne plus retourner à son poste glacé [chasse aux canards sauvages], il fait des projets pour le lendemain »
BÉRANG.: « Qu'il lui faille en décembre Souffler, faute de bois, Dans ses doigts »
J. J. ROUSS.: « Ouvrir, comme disait un ancien, une grande bouche pour
Fig. Ne pas
BOSSUET: « On lui arrache [à Jésus] les cheveux et la barbe ; il ne dit mot, il ne souffle pas »
LA BRUY.: « Arrive-t-il vers lui [l'hypocrite] un homme de bien et d'autorité, qui le verra et qui peut l'entendre, non-seulement il prie, mais il médite, il pousse des élans et des soupirs ; si l'homme de bien se retire, celui-ci, qui le voit partir, s'apaise et ne souffle pas »
J. J. ROUSS.: « Nous savons tout, et nous ne soufflons pas »
N'oser
HAUTEROCHE: « Je voudrais bien qu'elle eût soufflé devant moi, et qu'elle s'avisât de traverser ce que j'aurais résolu »
MOL.: « Quoi ! parce qu'elle est demoiselle, il faut qu'elle ait la liberté de me faire ce qui lui plaît, sans que j'ose
Mme D'ÉPINAY: « M. d'Épinay n'oserait
Ne pas
SÉV.: « Elle me conta qu'en Danemark il y avait un prince allemand qui s'enfonça une épingle dans le côté, mais c'était dans une étrange occasion qu'il avait rencontré cette épingle : il n'en souffla pas, et deux mois après la gangrène s'y mit »
HAMILT.: « La pauvre Warmestré vient d'accoucher tranquillement au milieu de la cour, sans que vous en ayez soufflé »
Fig. Il croit qu'il n'y a qu'à
3 Souffler sur, éteindre en soufflant.
A. CHÉN.: « Souffle sur ton amour, ami, si tu me crois, Ainsi que pour m'éteindre elle a soufflé sur moi [c'est une lampe qui parle] »
Fig. Souffler sur, détruire, faire disparaître.
D'ALEMB.: « Qu'ils aient le courage de s'élever au-dessus de l'instant où ils vivent, ils verront de loin la postérité
MASSON: « Les revers ont soufflé sur la fleur de son âge »
BÉRANG.: « L'âge a soufflé sur mes croyances »
Terme de l'Écriture. Dieu a soufflé sur cette race impie et en a fait sécher la racine, il a détruit, exterminé cette race.
MASS.: « Vous souhaiteriez que l'orgueil des impies fût humilié, et que le Seigneur soufflât sur ce colosse de grandeur et de puissance qui les élève »
MASS.: « Le Seigneur a toujours soufflé sur les races orgueilleuses »
Dans le même langage : Le Seigneur a soufflé sur l'amas de leurs richesses, et l'a dissipé comme de la poussière.
MASS.: « Le Seigneur a soufflé sur ces superbes édifices et sur notre fortune, et l'a dissipée comme de la poussière »
4 Souffler sur, se dit aussi des sorciers qui se servaient de leur souffle comme d'un moyen d'enchantement.
VOLT.: « Tous les prétendus sorciers soufflaient et soufflent encore sur ceux qu'ils imaginent ensorceler »
A. DE MUSS.: « Camille : Si le curé de votre paroisse soufflait sur un verre d'eau, et vous disait que c'est un verre de vin, le boiriez-vous comme tel ? - Perdican : Non. - Camille : Si le curé de votre paroisse soufflait sur vous, et me disait que vous m'aimerez toute votre vie, aurais-je raison de le croire ? »
Les fées ont soufflé sur lui, il a reçu de la fortune toute sorte d'avantages.
SÉV.: « J'embrasse le laborieux Grignan, le seigneur Corbeau, le présomptueux Adhémar et le fortuné Louis-Provence, sur qui tous les astrologues disent que les fées ont soufflé »
SÉV.: « Que dites-vous de ce mariage de la princesse de Conti, sur qui toutes les fées avaient soufflé ? »
5 Respirer avec peine, avec effort. Il souffle après avoir chanté.
LA FONT.: « L'attelage suait, soufflait, était rendu »
On dit qu'un cheval souffle, quand il a de l'essoufflement.
Reprendre haleine. J'ai besoin de
LA BRUY.: « Je leur demanderais volontiers qu'au lieu de leur course impétueuse ils voulussent plusieurs fois reprendre haleine,
6 Souffler aux oreilles de quelqu'un, lui parler souvent pour le gagner, pour le séduire. Les flatteurs lui soufflent sans cesse aux oreilles.
7 Terme rural. Se dit des taupes dans la saison où elles travaillent.
8 Dans les moulins à poudre, lorsque les matières ne sont pas assez humectées dans les mortiers, elles en sortent en poussière sous les coups du pilon ; on dit alors que le mortier ou la matière souffle, Aide-mémoire d'artillerie du général de Gassendi.
9 Chercher la pierre philosophale ; locution qui vient des fourneaux que les alchimistes entretenaient en soufflant.
SAINT-SIMON: « Bréanté se maria médiocrement, et se ruina en plein ; on prétendit que ce fut à
10 V. a. Faire du vent sur une chose. Souffler le feu.
BUFF.: « En le faisant détoner [le salpêtre], on le voit
Fig. Souffler le feu, l'incendie, exciter la dissension.
SAINT-SIMON: « Les jésuites et maints autres ambitieux et brouillons soufflaient sans cesse le feu »
VOLT.: « Les jésuites soufflant secrètement l'incendie, les jansénistes criant avec fureur, le schisme paraissant près d'éclater »
Fig. et populairement. Il souffle des pois, il ronfle d'une manière très bruyante.
GRIMM: « Il soufflait des pois, ou faisait d'autres grimaces mortelles pour le statuaire »
Souffler une chandelle,
En un sens analogue.
BALZ.: « Et mon corps est encore si faible, qu'il ne faudrait que le
Souffler quelque chose, l'enlever en soufflant.
TÖPFFER: « La marge de l'in-quarto où je gratte un point jaune, je souffle un poil, je détache une paille »
11 Terme d'artillerie. Souffler les canons, y brûler une petite quantité de poudre pour en faciliter le nettoyage.
12 Souffler le verre,
BUFF.: « Je pensai que les anciens.... ignoraient l'art de le couler [le verre] pour en faire de grandes glaces, qu'ils n'avaient tout au plus que celui de le
13 Souffler l'orgue, donner du vent aux tuyaux d'orgue par le moyen des soufflets.
Jouer en soufflant.
V. HUGO: « Un marouffle, Mis à neuf, Joue et souffle, Comme un boeuf, Une marche De Luzarche »
14 Souffler un veau, un mouton, faire pénétrer de l'air entre la chair et la peau, afin d'en séparer celle-ci plus aisément.
Fig.
J. B. ROUSS.: « Ce n'est pas tout d'agencer des paroles, Et de
J. J. ROUSS.: « Note, style lapidaire n'est bon qu'à
15 Terme de marine. Appliquer un soufflage à un navire (ce qui est en quelque sorte le
16 Terme de chasse. Ce chien a soufflé le poil au lièvre, il a presque appuyé le museau dessus et il l'a manqué.
On dit aussi : Il lui soufflait au poil, il le suivait de très près.
Fig. et familièrement. Souffler au poil de quelqu'un, le poursuivre de très près. Il faillit être pris, les gendarmes lui soufflaient au poil.
Terme de maréchalerie. La matière souffle aux poils, du pus apparaît sur la couronne, cela indique un décollement du sabot du cheval.
17 Envoyer par le souffle.
SÉV.: « Vous savez tout ce que la fortune a soufflé sur la duchesse de Fontanges ; voici ce qu'elle lui garde.... »
SÉV.: « Il y a certaines choses.... sur quoi on se trouve disposé à
FÉN.: « La discorde souffle dans tous les coeurs un venin mortel »
DANCOURT: « C'est moi qui souffle de la malice à l'un, de la présomption à l'autre »
DANCOURT: « Je te communique pour toute la soirée mes facultés et mes talents, et je te souffle une partie de mon esprit. - Marton : L'esprit du diable »
VOLT.: « Esprits contagieux, tyrans de cet empire, Qui soufflez dans nos murs la mort qu'on y respire »
Souffler le froid et le chaud, diriger son souffle de manière qu'à volonté il rafraîchisse ou réchauffe.
LA FONT.: « Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid »
Fig. Souffler le froid et le chaud, parler pour et contre une chose ou une personne, être tour à tour d'avis contraires.
SAINT-SIMON: « Le président Talon alla en l'autre monde voir s'il est permis de
TH. LECLERCQ: « Elle fait comme les traîtres, elle souffle le chaud et le froid en même temps »
18 Souffler quelque chose à l'oreille de quelqu'un, lui dire quelque chose tout bas.
Ne pas
DIDER.: « Je leur enjoindrai bien de ne vous pas
PICARD: « André, si j'entends
CH. DE BERNARD: « Chevasse est un bon homme que je mène par le nez, et qui, la chose faite, ne
19 Fig. Suggérer, inspirer.
BOSSUET: « Ce n'est pas seulement prédire, c'est
BOILEAU: « Qui vous a pu
RAC.: « Dans le fond de la Thrace un barbare enfanté Est venu dans ces lieux
MASS.: « Si un amour outré de la gloire les enivre [les princes], tout leur souffle la désolation et la guerre »
CHATEAUBR.: « Astarté entre dans la grotte d'Eudore, et commence à lui
20 Souffler quelqu'un, lui dire tout bas, quand la mémoire lui manque, ce qu'ils doit répéter tout haut.
Francion, IV, p. 141: Il récita six fois le même vers, sans pouvoir trouver en sa mémoire celui qui devait suivre ; pensant que je m'en souviendrais mieux que lui à cause que je l'avais ouï répéter, il me disait : comment est-ce qu'il y a après ? Francion, souffle-moi
RAC.: « Mais je ne sais pas lire. - Hé, l'on te
Il se dit de la chose que l'on souffle.
J. J. ROUSS.: « Il y avait un théâtre où l'on jouait souvent des pièces ; on me chargea d'un rôle que j'étudiai six mois sans relâche, et qu'il fallut me
J. J. ROUSS.: « Dans nos études, je lui soufflais la leçon, quand il hésitait »
Absolument. Il souffle bien.
RAC.: « Oh ! prenez-le plus bas ; Si vous soufflez si haut, l'on ne m'entendra pas »
Fig. Souffler quelqu'un, lui apprendre ce qu'il doit dire.
Mme DU DEFFANT: « Elle répète sa leçon ; mais, dans les circonstances où elle n'aura pas été soufflée, son génie n'y suppléera pas »
21 Terme de jeu de dames. Souffler une dame, l'ôter à son adversaire, parce qu'il ne s'en est pas servi pour prendre une autre dame qui était en prise.
On dit aussi :
Absolument. Souffler n'est pas jouer, après avoir soufflé, on a le droit de jouer.
Fig. Il lui a soufflé le pion, il lui a enlevé une affaire qu'il croyait faire.
Fig. et familièrement. Souffler quelque chose à quelqu'un, le lui enlever, le lui dérober.
MOL.: « Je pourrai bien tantôt lui
SAINT-SIMON: « Les affaires qui tenaient de l'important lui avaient été soufflées [à Pontchartrain] par d'Argenson, en qui le roi avait toute confiance »
LESAGE: « Au lieu de m'armer contre le Pâris qui m'avait soufflé mon Hélène, je lui sus bon gré de m'en avoir défait »
DIDER.: « Le livre de Boulanger est très rare ici ; nous en avons fait venir par la poste deux ou trois exemplaires, qu'on nous a soufflés »
A. DE MUSSET: « Souffler une maîtresse à son ami, c'est une rouerie trop commune pour moi »
Souffler une dépêche, ne pas la communiquer à celui qui devrait en avoir communication.
SAINT-SIMON: « L'abbé d'Estrées commença à lui
Souffler un exploit, voy. EXPLOIT.
22 Boire d'un trait.
LA BRUY.: « Il y a un Tigillin qui souffle ou qui jette en sable un verre d'eau-de-vie »
DANCOURT: « Oh ! nous avons, ma foi, soufflé d'excellent jus »
Souffler la rôtie, s'est dit pour avaler un verre de vin. C'est moi qui soufflais la rôtie Et qui buvais plus d'hippocras, les Aventures de M. d'Assoucy, IX.
23 Se
PROVERBE On ne peut
HISTORIQUE
XIIème siècle
Liber psalm. p. 229: Sufflerad li espiriz de lui, e decurrunt les ewes
BENOIT: « Fous est qui le feu esteint sofle »
XIIIème siècle
Psautier, f° 177: Li espirites de lui sofflera, et corront eves
Miracles St Loys, p. 139: Il soufloit les foux [feux] dudit fevre [forgeron] à alumer la forge
XIVème siècle
BRUYANT: « Ainsi besongnai sans sejour, Jusqu'à tant que je vy le jour ; Lors ma chandelle alay soufler »
J. DE CONDÉ: « Li hom qui souffle contre vent, à ensient [escient] sa paine pert »
XVème siècle
E. DESCH.: « Le pouete Virgilius, Es estoiles Tholomeus, Ypocras le phisicien, De la mort n'est eschappez nulz ; Souflez, nostre vie n'est rien »
E. DESCH.: « Chascun parle de divers jeux jouer, De cliner l'oeil, de porter male honte, Et de la briche aux compaignons donner, Et de
E. DESCH.: « Il ne vault rien aujourd'hui qui ne souffle [ne mente, ne se vante] »
G. CHASTELAIN: « Quelque haut bien qui fust en elle [une belle dame], Puisque une fois la mort l'a prise, Il en faut
XVIème siècle
MONT.: « C'est
LANOUE: « Salomon n'a point escrit avoir en soufflant trouvé ce secret »
LANOUE: « Ce pauvre aprentif estoit un que je conoissois, qui avoit soufflé en trois ans une belle maison sienne accompagnée de mille ou douze cens livres de rente »
LANOUE: « Je pense qu'ils eussent soufflé en leurs doigts, car il faisoit grand froid »
AMYOT: « Le vent commençant à
AMYOT: « Disans que Hannibal, tant comme il eust vescu, estoit un feu pour l'empire romain, qui n'avoit besoing que de quelqu'un qui le soufflast »
AMYOT: « Jamais on n'en veit un qui suast, ne qui soufflast, encore que le premier choc eust esté fait en courant »
AMYOT: « Il se leva un petit vent du costé d'une belle prairie, qui leur souffla grande quantité de fleurs »
AMYOT: « Il leur estoit defendu qu'ilz n'eussent ès assemblées aucuns protecolles pour leur
AMYOT: « Il luy souffloit tous les jours aux oreilles, que.... »
GÉNIN: « Mieux vault soufler que brusler »
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. sofflai ; wallon, soflé ; provenç. sofflar, sufflar ; espagn. soplar ; portug. soprar ; ital. soffiare ; du lat. sufflare, de sub, sous, et flare,
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Faire du vent en poussant de l'air par la bouche. "Souffler dans ses doigts. Il lui souffla dans l'oeil. Souffler au visage. Souffler sur une table pour en ôter la poussière. Souffler dans un instrument à vent pour en tirer du son."
Il se dit également De tout ce qui pousse l'air. "Le vent de bise souffle rudement. Le vent qui souffle vers le soir est souvent doux et agréable. Il souffle un vent frais, un vent rafraîchissant. Le vent lui soufflait au nez. Ce soufflet est percé, il ne souffle plus."
Il se dit aussi De l'homme et des animaux quand ils respirent avec effort. "Dès que cet homme a monté six degrés, il souffle comme un boeuf. Ce cheval est poussif, voyez comme il souffle."
"Laisser
Prov. et fig., "Il croit qu'il n'y a qu'à
Fig. et en termes de l'Écriture, "L'esprit souffle où il veut," Dieu communique ses grâces à qui il lui plaît.
Fig. et en termes de l'Écriture, "Dieu a soufflé sur cette race impie, et en a fait sécher la racine," Il a détruit, exterminé cette race. Dans le même langage, "Le Seigneur a soufflé sur l'amas de leurs richesses, et l'a dissipé comme de la poussière."
Fig. et fam., "N'oser
Fig., "Souffler aux oreilles de quelqu'un," Lui parler souvent en secret pour le persuader, pour le gagner: cela ne se dit guère qu'en mauvaise part. "Les flatteurs lui soufflent sans cesse aux oreilles. C'est ce méchant homme qui lui a soufflé aux oreilles."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
est aussi actif. Ainsi on dit: "Souffler le feu," Souffler sur le feu pour l'allumer; "Souffler une chandelle," Souffler sur la flamme d'une chandelle pour l'éteindre; "Souffler la poussière," Souffler sur de la poussière, pour l'enlever du lieu où elle est; "Souffler un veau, un mouton," Souffler entre la chair et le cuir d'un veau, d'un mouton qu'on vient de tuer, afin d'en séparer plus aisément la peau; "Souffler l'orgue," Donner du vent aux tuyaux des orgues par le moyen des soufflets; et, "Souffler le verre, l'émail," Façonner quelque ouvrage de verre, d'émail, en soufflant dans un tube de fer au bout duquel est la matière que l'on travaille.
Fig., "Souffler quelque chose aux oreilles de quelqu'un," Lui dire quelque chose secrètement.
Fig., "Souffler la discorde, le feu de la discorde, la division, etc.," et quelquefois simplement, "Souffler le feu," Exciter la discorde, la division, etc.
Prov. et fig., "Souffler le chaud et le froid," Louer et blâmer une même chose, parler pour et contre une personne, être tour à tour d'avis contraires. "Ne vous fiez point à cet homme-là, il souffle le chaud et le froid."
Fig., "Souffler quelqu'un," Lire bas à quelqu'un les endroits de son discours, de son rôle où la mémoire lui manque. "Souffler le prédicateur. Il souffle les comédiens." Absolument, "Il souffle bien; il souffle trop haut; etc."
Au Jeu de dames, "Souffler une dame," L'ôter à celui contre qui l'on joue, parce qu'il ne s'en est pas servi pour prendre une autre dame qui était en prise. Un joueur dit dans le même sens à son adversaire, "Je vous souffle." On dit aussi, "Souffler n'est pas jouer," On souffle et ensuite on joue.
Fig. et fam., "Souffler à quelqu'un un emploi, un marché, etc.," Lui enlever un emploi, un marché, etc., sur lequel il comptait.
Fig. et fam., "Souffler un exploit," se dit D'un huissier qui ne remet pas la copie d'un exploit, quoique l'original porte qu'elle a été remise. "Ce fripon d'huissier lui a soufflé un exploit."
En termes de Chasse, "Ce chien a soufflé le poil au lièvre," Il a presque appuyé le museau dessus, et il l'a manqué. On dit aussi, "Il lui soufflait au poil," Il le suivait de très-près.
Fig. et fam., "Souffler au poil de quelqu'un," Le poursuivre de très-près. "Il faillit être pris, les hussards lui soufflaient au poil."
En termes de Maréchalerie, "La matière souffle au poil," se dit Lorsque, par l'effet d'une suppuration dans la partie intérieure du sabot, le pus reflue et se fait jour à la couronne.
En termes de Marine, "Souffler un navire," Renforcer le bordage de la carène d'un navire, revêtir un navire par dehors de nouvelles et fortes planches, soit pour empêcher que les vers ne piquent le navire, soit pour augmenter sa stabilité, lorsqu'il est d'une construction défectueuse et qu'il porte mal la voile. "Il faut
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
pris absolument, signifie quelquefois, Chercher la pierre philosophale, chercher à faire de l'or, de l'argent par les opérations de l'alchimie. "Il a dépensé tout son bien à
Emplacement dans le dictionnaire :
| soudoyer soudûre soudure soue souffert soufflage soufflant | souffle soufflé souffler au poil soufflerie soufflet souffleté | souffleter souffleur soufflure souffrance souffrant souffre-bonheur souffre-douleur |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)...et sordides, pénétrait peu à peu toute cette grande chambre, où leur modeste petit ménage, aujourd'hui tout en désordre, semblait perdu. -décidément c'était le jour ; elle alla, par économie, souffler sa chandelle, et puis revint s'asseoir. Qu'allait-elle faire de sa journée ? Travaillerait-elle aujourd'hui ? Non, elle n'en avait pas le courage, et puis à quoi bon ? Encore un jour qu'il faudrait...
Citation n°2 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )
...d'un langage rendent parfois nécessaire une intervention directrice dans un sens opposé, et l'aristocratie intellectuelle, au lieu de restreindre la part du nouveau dans la langue, doit au contraire souffler au peuple abruti par les écoles primaires les innovations verbales qu'il est désormais inapte à imaginer. Un peuple qui ne connaît que sa propre langue et qui l'apprend de sa mère, et non des...
Citation n°3 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)
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...comme tout à l'heure. -rien n'est perdu, a repris l'impassible protecteur. Juge si j'écoutais. -centuplez, m'a-t-il dit, la valeur de vos maisons, afin de décourager celui qui serait tenté de vous souffler l'exploitation ; qu'il soit épouvanté de l'argent qu'il aurait à verser pour devenir en sous-oeuvre l'adjudicataire préféré. -comment centupler la valeur des maisons ? -les deux tiers des loyers...
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...D'autant plus, nom de dieu ! Que ça ne pouvait servir à rien du tout. N'importe ! C'était crâne, ça vous réchauffait le coeur... ensuite, n'est-ce pas ? Il semblait que le mieux était de s'en aller souffler plus loin. Le village flambait comme une allumette, les badois, les wurtembergeois, les prussiens, toute la clique, plus de cent vingt mille de ces salauds, à ce qu'on a compté plus tard, avaient...
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